Thierry Desmarest, le stratège qui a fait de Total un géant mondial du pétrole, est mort

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Thierry Desmarest, le stratège qui a fait de Total un géant mondial du pétrole, est mort

Le patron français est l’artisan de la fusion de Total avec Fina puis avec Elf. Son brillant parcours a été entaché par les affaires Erika et AZF. L’ancien patron de Total Thierry Desmarest, qui a présidé la compagnie pétrolière de 1995 à 2010 puis par intérim en 2014 lors du décès de Christophe de Margerie, est mort mercredi à l’âge de 78 ans, a indiqué le groupe TotalEnergies, confirmant une information du Monde. Des douze années où il aura été PDG du groupe pétrolier, entre 1995 et 2007, il aura laissé l’image d’un remarquable stratège d’entreprise, mais également celle d’un piètre communicant. Et cela compte dans un monde où l’image -des dirigeants comme des entreprises – est scrutée avec de plus en plus d’insistance. Du côté du stratège, Thierry Desmarest a mené à bien deux acquisitions majeures comme patron de Total. La première a été réalisée en 1999. Après quelques mois de négociations avec le financier belge Albert Frère, qui en était le principal actionnaire, Total propose une offre publique d’échange amicale sur Fina, l’ancienne Compagnie financière belge des pétroles. Une prise de contrôle au nez et à la barbe de celui qui est alors la plus importante compagnie pétrolière française : Elf. Thierry Desmarest ne va cependant pas s’arrêter à Fina, qui permet déjà à Total de changer de dimension. Deux jours à peine après la fusion effective entre les deux groupes, le PDG lance purement et simplement une offre publique hostile sur … Elf. Depuis de nombreuses années, les rumeurs de rapprochement entre les deux groupes étaient légion. Mais toujours dans le sens inverse. Mais le patron de Total ne manque pas d’ambition. Malgré la taille plus importante d’Elf. Malgré la golden share de l’État français, qui empêche, en théorie, une offre hostile. Malgré la contre-offre d’Elf. Et l’audace de Thierry Desmarets se révèle payante. Après quelques semaines de bataille, Total réussit à prendre le contrôle de son grand rival contre 345 milliards de francs. Le groupe pétrolier, devenu TotalElf, entre dans la catégorie des majors pétrolières à l’échelle du globe. Thierry Desmarest est alors au sommet. Il ne le restera pas longtemps. Le 12 décembre 1999, le pétrolier Erika, affrété par Total, fait naufrage au large de la Bretagne. Les 30884 tonnes de fioul lourd vont souiller 400 kilomètres de côtes françaises. Pendant des semaines, les images de volontaires nettoyant les plages souillées, récupérant par dizaines de milliers les corps d’oiseaux rendus noirs par le pétrole, défilent à la télévision. Thierry Desmarets ne prend pas conscience de l’ampleur du drame. Et de l’impact sur l’image du groupe. Il met une dizaine de jours à se rendre sur place, et refuse d’admettre la responsabilité de l’entreprise. Il apparaît comme un bureaucrate froid, distant et insensible. Le groupe pétrolier mettra de longues années à redresser son image. Cette réhabilitation sera d’autant plus difficile qu’un autre drame va le marquer. Le 21 septembre 2001, moins de deux années après le naufrage de l’Erika, l’usine de fabrication d’engrais AZF, appartenant à la filiale chimique du groupe pétrolier, explose. Le groupe réagit beaucoup plus vite cette fois-ci, mettant en place une cellule de crise et affirmant sa volonté de rechercher les causes de l’accident. Mais l’ampleur du drame, qui fait 31 morts et environ 2500 blessés, et la difficulté à établir précisément cette origine, vont, là encore, écorner l’image de l’entreprise et de son dirigeant. Avant ces évènements marquants, Thierry Desmarets avait coché toutes les cases de la réussite d’une figure de la bourgeoisie parisienne. Né à Paris le 18 décembre 1945, fils d’un magistrat à la Cour des comptes, il avait étudié au lycée Jeanson-de-Sailly, avant d’intégrer Polytechnique, puis l’école des Mines. Il commence toutefois sa carrière bien loin de l’Hexagone, puisqu’il exerce ses talents à la direction des mines de Nouvelle-Calédonie pendant quatre années, entre 1971 et 1975. Ce sont ensuite les cabinets ministériels, à l’industrie d’abord, aux côtés de Michel d’Ornano, puis à l’économie, avec René Monory. Avec le changement de majorité politique, il s’oriente en 1981 vers le monde de l’entreprise. Et c’est déjà Total. Il monte rapidement les échelons au sein de l’activité Exploration-production. Il devient directeur général de cette branche, la plus noble et celle qui destine aux plus hautes fonctions, en 1989. Quand le PDG de Total, Serge Tchuruk, décide d’aller exercer ses talents chez Alcatel-Alsthom, en 1995, Thierry Desmarets prend, logiquement, les rênes de l’entreprise. Il la transforme en une major du pétrole, avant de céder la direction générale à Christophe de Margerie en 2007, conservant un poste de président d’honneur. Le décès de ce dernier, en octobre 2014, va ramener l’ancien patron sur le devant de la scène. Le conseil d’administration décide de scinder les fonctions de président, poste qu’il va occuper, et la direction générale, confiée à Patrick Pouyanné. En décembre 2015, ce dernier réunit à nouveau les deux fonctions, Thierry Desmarest redevenant administrateur du géant du pétrole. Il était atteint depuis une dizaine d’années de la maladie d’Alzheimer, selon Le Monde. Il était marié, et père de trois enfants. Thierry Desmarest, le stratège qui a fait de Total un géant mondial du pétrole, est mort cruella
le 11/01/2024 à 09:41 un grand monsieur !! le vendredi il laissait sa voiture de fonction et son chauffeur pour prendre sa voiture personnelle et payer son essence !!! les temps ont changé depuis Chrsto1960
le 11/01/2024 à 09:28 Alain PRIVAT
le 11/01/2024 à 09:27 Un industriel de stature mondiale, dont hélas il y a très peu d’exemples en France, les bons s’expatrient!
RÉCIT – Plus de 20 milliards de dollars seront investis dans l’extraction de minerai de fer et dans les infrastructures de transport de ce pays pauvre mais riche en matières premières.

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