Somme : à Nesle, l’arrêt de bus scolaire “Bis-pont” jugé trop dangereux

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 Somme : à Nesle, l'arrêt de bus scolaire "Bis-pont" jugé trop dangereux

Deux familles qui habitent à Nesle, au niveau de lieu dit le Bis-Pont vont être impactées par cette décision. Elles demandent que la région trouve une solution. Deux familles de Nesle, qui habitent à hauteur de l’ancien lieu-dit Le Bis Pont, ne décolèrent pas. Fin novembre, elles ont reçu un mail du référent transports au Conseil Régional, Christophe Bayer, qui leur indique que le bus scolaire ne passera plus au niveau du point d’arrêt ” Bis-Pont ” à partir de la rentrée du mois de janvier 2024. Si la région a accepté un délai supplémentaire d’une semaine, à terme, les enfants allant au collège de Nesle seraient dans l’obligation de se faire emmener à l’école en voiture, ou faire plus de deux kilomètres à pied, tôt le matin et tard le soir, par un chemin communal. “Comment on va faire ? On ne met plus nos enfants à l’école ? “, questionnent les familles, qui travaillent en horaires décalés (chauffeur routier ou de nuit dans l’entrepôt Amazon, près d’Amiens). On refuse de laisser nos enfants faire 2 kilomètres en pleine nuit sans surveillance. C’est hors de question ! Il faut trouver une autre solution… “. Mais pourquoi cette décision brutale ? Le mail indique que les équipes du conseil régional se sont rendues sur place et que la décision se justifie par la dangerosité de la route : “L’autocar est obligé de couper à deux reprises la route départementale 930 (axe très fréquenté par les camions et les voitures) avec des enfants à son bord. Une fois sur place, le car est obligé de faire une manœuvre sur la voirie communale aux abords du canal et du chemin de halage.” Autre danger évoqué, le fait que le bus, lorsqu’il remonte jusqu’au stop, “se retrouve à une intersection avec une visibilité réduite ou glissante en période automnale et hivernale pour reprendre la RD 930.” Au vu de tous ces éléments, le conseil régional confirme bien l’arrêt du passage sur cette zone à risque, une annonce incompréhensible aux yeux des deux familles concernées, et notamment pour Meredith Deschamps et Jennifer Hochart, les deux mères de famille. “Depuis 4 ans, ma grande fille, Léa, étudie au collège et le bus vient jusqu’ici sans difficulté la chercher vers 8h15, je ne comprends donc pas pourquoi on nous dit maintenant que c’est dangereux alors que la route a été refaite cet été, indique Meredith Deschamps. Sa voisine, Jennifer Hochart, ajoute : “Je suis arrivée ici en 2012 et mes enfants ont d’abord été à l’école élémentaire de Mesnil-Saint-Nicaise. Le minibus de la commune venait sans aucun problème. L’année dernière, mon fils est entré au collège de Nesle, et le bus passait aussi.” Les deux familles sont aussi étonnées par les photos transmises sur le mail. “Le conseil régional dit qu’il est venu sur place pour voir le problème, mais on nous présente des photos datant de plusieurs années. La route a bien changé, elle est bien moins dangereuse maintenant… “. Elles ont tenté de trouver une solution avec le maire de Nesle, Frédéric Demule, sans résultat pour l’instant. “Il a proposé à la région de mettre un miroir pour sécuriser le carrefour, mais cela n’est pas suffisant… “.  Maire de Nesle, Frédéric Demule confirme avoir été mis au courant de cette décision. Il confirme que les représentants des transports sont bien passés à Nesle, fin novembre, pour étudier le problème du carrefour et de la proximité du canal du Nord. “Etant au conseil départemental ce jour-là, c’est un des adjoint qui a rencontré la délégation “, souligne l’élu local. S’il reconnaît en partie le caractère dangereux et sécuritaire de l’arrêt de bus “Bis-Pont “, le maire a indiqué à la région qu’il n’était pas favorable à la suppression rapide de ce point d’arrêt sans solution concrète pour les deux familles. “J’ai demandé à la région que l’arrêt Bis-Pont soit maintenu jusqu’à la fin de l’année scolaire afin de trouver des solutions pérennes. Dans le cas contraire, la Région doit trouver un solution de substitution. Je ne peux pas admettre que des enfants devront se rendre à pied, au collège, sur cet axe long de 3 kilomètres, dont la moitié sur une route sans trottoir où passent plus de 10 000 par jour. Est-ce une solution plus sécuritaire que celle actuelle ? Non ! “ Ces derniers jours, le maire de Nesle a demandé un maintien du dispositif jusqu’aux vacances d’avril ou de février, afin que toutes les parties (commune, département, région) trouve une solution, comme la mise en place d’une zone de stationnement ou de parking en bord de route pour le bus scolaire. “Cela pourrait être une idée pour régler le problème, observe l’élu local. Encore faut-il que la Région accepte de reporter sa décision pour que l’on se mette tous ensemble autour d’une table. Sauf qu’aujourd’hui, je suis face à un mur, à une fin de non-recevoir. Cela me met hors de moi…”. Conseiller régional, Olivier Engrand, confirme que la région a décidé de fermer ce point d’arrêt à la suite de l’interpellation de la compagnie de bus sur sa dangerosité. “Nos services se sont rendus sur place et ont pris la décision annoncée, compte tenu du danger pour les collégiens déjà présents dans le bus. Comme ce point se trouverait à moins de 3 kilomètres de distance du collège, il n’y a pas d’obligation de transport scolaire…“. Il note qu’à l’heure actuelle, l’expertise des services techniques n’a pas permis de trouver un endroit permettant un stationnement sécurisé du bus. “Mais je vais prendre contact rapidement avec le maire afin que l’on se rende ensemble sur place et que l’on détermine si une solution peut être trouvée.”

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