Morts de la rue : le groupe LFI à l’Assemblée nationale porte plainte contre le gouvernement

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Morts de la rue : le groupe LFI à l’Assemblée nationale porte plainte contre le gouvernement

Le gouvernement sommé de répondre de ses actes devant la justice sur la question des sans-abri ? Cette hypothèse pourrait devenir réalité si une requête formulée par La France insoumise (LFI) ce jeudi 11 janvier venait à aboutir. La présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, a en effet annoncé sur Twitter (renommé X) avoir déposé plainte devant la Cour de justice de la République pour «non-assistance à personne en danger et mise en danger de la vie d’autrui à l’encontre des ministres coupables de ces drames, Elisabeth Borne en tête». La députée du Val-de-Marne reproche au gouvernement son «inaction» après la mort, mardi 9 janvier, de deux SDF à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) et Carpentras (Vaucluse). La responsable politique s’insurge : «Dans la 7e puissance économique du monde, des personnes sont de nouveau mortes de froid à la rue.» Dans la 7ème puissance économique du monde, des personnes sont de nouveau mortes de froid à la rue. L’inaction gouvernementale tue. Le groupe @FiAssemblee saisit la Cour de Justice de la République pour non-assistance à personne en danger et mise en danger de la vie d’autrui… Egalement sur Twitter, le coordinateur de LFI et député Manuel Bompard a jugé qu’il «est impensable que l’on meure du froid dans la 7e économie mondiale» : «Or malgré nos demandes et celles des associations, le gouvernement refuse de mettre à l’abri les personnes en danger.» Mardi, un homme sans abri d’une soixantaine d’années a été retrouvé mort dans une cave de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) en pleine vague de froid sur la France. Le même jour, c’est une femme sans domicile fixe d’une soixantaine d’années qui a été découverte inanimée sous sa couverture dans la rue. En octobre, dans une tribune publiée par Libération, les maires de Paris, Strasbourg, Rennes, Lyon, Bordeaux et Grenoble annonçaient eux aussi une action en justice contre l’Etat à cause du «sous-dimensionnement» de son action en faveur des personnes qui dorment dans la rue. Mi-décembre, dans une autre tribune publiée dans le Monde, des personnalités, des associations et plus d’une centaine d’élus réclamaient l’ouverture de 10 000 places supplémentaires d’hébergement d’urgence pour loger des milliers de familles à la rue. Le texte, signé notamment par l’humoriste Blanche Gardin, le militant des droits de l’enfant Lyes Louffok, ainsi que par une quarantaine d’associations de lutte contre la précarité, pointait que «le seul maintien des 203 000 places d’hébergement d’urgence actuel [décidé par le gouvernement] est une réponse insuffisante» à la crise du logement. En juillet 2017, Emmanuel Macron, tout juste élu, avait fait le souhait qu’il n’y ait plus «de femmes et d’hommes dans les rues» avant la fin de l’année. La dernière étude de l’Insee sur le sujet faisait état de 141 500 personnes «sans domicile» en France.

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