« Ma démarche a gagné en profondeur après Annecy » : Henri d’Anselme présente « Le chant des cathédrales »

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« Ma démarche a gagné en profondeur après Annecy » : Henri d'Anselme présente « Le chant des cathédrales »

ENTRETIEN. Henri d’Anselme n’est pas seulement l’héroïque « homme au sac à dos » d’Annecy. Pour la sortie du documentaire tiré de son tour de France des cathédrales, dont le premier épisode est diffusé ce soir sur C8, il raconte au JDD comment s’est façonné ce projet, porté par son ambition de « transmettre pour connaître, pour aimer, pour sauver » ce patrimoine. Le JDD. Vous présentez une série documentaire de quatre épisodes dont le premier est diffusé ce soir à 23h00 sur C8. Aurait-elle vu le jour sans votre acte héroïque d’Annecy et tout ce qui a suivi ? Henri d’Anselme. Je ne pense pas, non. Enfin, avec des si… Ce qui est certain, c’est que j’ai eu rapidement beaucoup de propositions. Finalement, j’ai signé avec Canal+, parce que c’est ce qui était le plus en accord avec ma démarche de fond. Quand je suis parti pour le tour de France des cathédrales, il y avait une triple dimension. D’abord, je voulais vivre une aventure, pas à l’étranger mais vraiment en France pour découvrir mon pays, ses habitants… La deuxième dimension, c’était le pèlerinage. Je suis catholique pratiquant, ce n’est plus un secret. Aller à la cathédrale, c’est une démarche intérieure, spirituelle, de foi, mais qui m’appartient. Et la dernière dimension, qui est pour moi la plus importante, c’était la transmission de notre patrimoine religieux qui est, j’ose le dire, notre plus beau patrimoine. Aujourd’hui, il est en danger, on parle de sauver le patrimoine et pour le sauver, il faut l’aimer, et pour l’aimer, il faut le connaître. Donc je veux transmettre pour connaître, pour aimer, pour sauver. La foi vous a-t-elle conduit à l’amour et à la connaissance des cathédrales ou bien, à l’inverse, diriez-vous que cette passion a nourri votre foi ? Dans quel ordre, je ne saurais donner de réponse exacte. Ce qui est certain, c’est que j’ai grandi dans une famille croyante, j’ai depuis toujours fréquenté les églises, donc j’ai très vite été sensible à leur beauté. Je connais bien la cathédrale de Chartres ; depuis que je sais marcher, je fais le pèlerinage en question. La cathédrale de Chartres m’a marqué, celle de Paris aussi, profondément, même si aujourd’hui ce n’est plus ma préférée. Oui, la foi m’a conduit aux cathédrales, mais pas seulement. À l’origine peut-être, mais dans ces neuf mois de tour de France, ce qui a prévalu, c’est vraiment l’aventure et l’envie de transmettre. La foi, c’était plus intérieur, plus personnel. Dans un livre, ça, je l’avais en tête depuis le début. C’est toujours un projet, je n’en dis pas plus pour le moment, mais dès ma troisième semaine d’aventure, j’étais déjà contacté par des éditeurs. En fait, Annecy a été un révélateur, mais avant cela, en deux mois et demi, j’avais déjà trouvé un écho à ma démarche, avec 12 000 abonnés sur Instagram… C’est la preuve que cette beauté-là parle aux gens et les touche. Tous les jours, j’ai des messages qui me remercient… Au départ, je ne voulais pas spécialement témoigner, mais j’ai compris qu’il y avait un message qui me dépassait, que je devais faire passer, un message de grandeur et de beauté.
« Si j’ai pu agir de cette manière à Annecy, c’est parce que pendant deux mois et demi, je m’étais nourri à la beauté, à la grandeur des cathédrales. » J’ai déjà eu l’occasion de le dire, mais si j’ai pu agir de cette manière à Annecy, c’est parce que pendant deux mois et demi avant, je m’étais nourri à la beauté, à la grandeur des cathédrales. Je dis aujourd’hui à ceux que mon acte inspire : vous êtes capables d’agir de la même façon, à condition que vous vous donniez les moyens de vous nourrir intérieurement. Ma démarche a gagné en profondeur après cet événement. Ce que je fais maintenant, c’est la continuité, ce sont seulement les moyens qui ont changé, avec ces documentaires qui sont un programme vraiment dédié à tout le monde. C’est la transmission, à travers mon aventure. Je fais du stop, je dors chez l’habitant, je rencontre les gens, on m’invite à venir découvrir… C’est très vivant, pour être initié au monde des cathédrales dans toutes ses dimensions ! Je suis parti à la rencontre des artisans, on peut le découvrir dans les documentaires, notamment un compagnon tailleur de pierres et un maître verrier, faire quelque chose de la même manière qu’il y a 800 ans, c’est fou ! Et les techniques n’ont pas changé, aujourd’hui, il y a des grues, des pelleteuses, mais ils étaient déjà au sommet de leur art. Comment avez-vous procédé pour tourner des images, alors que ce n’était pas votre projet initial ? Au départ, j’avais seulement de quoi alimenter mes réseaux sociaux, puis ils m’ont fourni un peu de matériel, j’ai pu vite gagner en qualité vidéo. Ensuite, une équipe de production m’a rejoint, ils ont accepté de vivre avec moi pendant quatre semaines l’aventure telle que je la vivais. Mon régisseur, qui est venu tourner quatre fois une semaine, m’a touché en me disant à la fin : « Écoute Henri, pendant quatre semaines, on a souffert avec toi à la découverte des cathédrales. Franchement, au bout de la première semaine, on en avait ras-le-bol… Et finalement, à chaque fois, j’étais content de revenir sur le tournage parce que je savais que j’allais voir du beau. À la fin, j’ai pris goût à ça et maintenant, j’aime partir avec toi, grimper sur les toits de cathédrales, me pencher dans les vitraux, découvrir et essayer de deviner l’architecture… » C’est génial, rien que pour lui, mission accomplie !  Je découvrais complètement le métier, j’ai appris à faire du Stéphane Bern, à mon échelle ! Avec mes textes, une caméra, il fallait refaire le plan pour avoir différents angles, etc. J’ai fait les voix off, j’avais un droit de regard éditorial, on les a écrites à deux… C’était super ! Les équipes avec qui j’ai travaillé ont été incroyables, alors que ce n’était pas leur domaine de prédilection, des documentaires patrimoniaux, voire spirituels… Une semaine avant, je passais à Paris, c’était pendant le Carême, durant lequel à Notre-Dame, on a l’occasion de vénérer la couronne d’épines, présentée à la vénération par les chevaliers de l’ordre du Saint-Sépulcre. J’y suis donc allé, et une semaine après, la cathédrale brûlait. Ça m’a vraiment marqué, je me suis dit que j’avais été bien inspiré d’aller la voir une dernière fois… J’avais ce projet en tête depuis le lycée, mais seulement comme un rêve un peu fou ; au moment de l’incendie, je me suis dit qu’il y avait un vrai truc à concrétiser, un hommage à rendre à nos cathédrales, à Notre-Dame de Paris, mais aussi montrer qu’il n’y a pas qu’elle. Il y a donc eu un déclic à ce moment-là ! (Sourire) Parce qu’en valeur architecturale, artistique, il y a bien mieux ! Même si évidemment, en valeur symbolique, spirituelle, historique, on fait difficilement plus grande… C’est drôle, parce que quand je me suis lancé, au début, dans les commentaires de mes vidéos, c’était la guerre des cathédrales. Je demandais des conseils, et on se disputait la plus belle… Comme il y a des cathédrales partout, à peu près dans toutes les grosses villes de France, et dans les moyennes…  Même dans les petits villages d’ailleurs, il y a une magnifique cathédrale du XIIᵉ siècle dans un village de 160 habitants, à Senez dans les Alpes-de-Haute-Provence, dans le diocèse de Digne. J’ai réalisé à quel point les gens sont attachés à leur patrimoine, d’abord localement… En Occitanie, tout le monde te dit que la plus belle cathédrale du monde, c’est Albi ! Et c’est vrai que tu prends une claque, c’est effectivement une des plus belles… Strasbourg, Albi, et en dernier, je ne sais jamais… J’hésite à mettre Amiens, Rouen ou Orléans. Allez, aujourd’hui, je dis Orléans – hier, c’était Rouen… La spécificité d’Orléans, c’est qu’elle a été terminée au XIXᵉ siècle, ce qui en fait la cathédrale qui a mis le plus longtemps à être construite en France. Au total, j’en suis à 150 cathédrales. Il me reste celles du Sud-Ouest : Bayonne, l’Occitanie, le Pays Basque et les Pyrénées… Il m’en manque encore une petite trentaine ! Le chant des cathédrales, Henri d’Anselme
Épisode 1 : vendredi 12 janvier, 23 h, C8
Épisodes 2 et 3 : vendredi 19 janvier, 22 h 40, C8
Épisode 4 : vendredi 26 janvier, 23 h, C8 REPORTAGE La pose du traditionnel bouquet par le plus jeune apprenti a marqué ce matin l’achèvement de la charpente du chÅ“ur : un accomplissement pour la soixantaine d’équarrisseurs et de charpentiers des ateliers Perrault, présents en nombre à Notre-Dame de Paris pour la fin d’une phase majeure du chantier. ENTRETIEN. Henri d’Anselme n’est pas seulement l’héroïque « homme au sac à dos » d’Annecy. Pour la sortie du documentaire tiré de son tour de France des cathédrales, dont le premier épisode est diffusé ce soir sur C8, il raconte au JDD comment s’est façonné ce projet, porté par son ambition de « transmettre pour connaître, pour aimer, pour sauver » ce patrimoine. Les évêques de France défendent la déclaration du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, affirmant la recevoir comme « un encouragement aux pasteurs à bénir généreusement les personnes qui s’adressent à eux ». Selon le frère Alexander Rodriguez, la conversion de Shia LaBeouf a été encouragée par le tournage du film « Padre Pio », réalisé par Abel Ferrara. Le dicastère pour la Doctrine de la foi a insisté sur le fait que la bénédiction des « couples en situation irrégulière » se distingue « clairement des bénédictions liturgiques ou ritualisées ». En ce jour de Noël, le père Luc de Bellescize explique le sens du sacerdoce et rappelle la mission de l’Eglise catholique. Bien que son influence diminue dans nos sociétés occidentales, cette dernière demeure la gardienne des plus vulnérables, plaide le prêtre du diocèse de Paris.

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