Ligue 1. À Strasbourg, la grogne des supporters persiste face à BlueCo

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Ligue 1. À Strasbourg, la grogne des supporters persiste face à BlueCo

Ouest-France n’utilisera pas les emails fournis pour d’autres communications sans le consentement du ou des destinataires. Les supporters du Racing continuent à s’opposer à la prise en main de Strasbourg par BlueCo, également propriétaire de Chelsea. Ils craignent que le RCS ne devienne un simple club satellite, perdant son identité au passage. Ils font notamment passer leur message en tribunes avec des tifos. Les victoires et progrès de Strasbourg n’ont pas apaisé la grogne des supporters, toujours farouchement opposés à la multipropriété depuis le rachat par BlueCo du club, qui se déplace à Marseille vendredi lors de 18e journée de Ligue 1. Trois victoires de suite en championnat pour conclure 2023 et une qualification en seizièmes de finale en Coupe de France pour débuter 2024 : sportivement, le Racing, neuvième de L1, va bien mieux. Mais la colère couve à la Meinau. Si le dialogue n’est pas rompu avec le club, les huit associations de supporters (3 000 membres) opposent toujours un refus « catégorique » à la multipropriété en place depuis l’arrivée l’été dernier du consortium américain BlueCo, qui possède aussi le club anglais Chelsea, ainsi qu’à sa politique de recrutement exclusivement tournée vers de jeunes joueurs. Selon elles, il y a un risque que Strasbourg ne soit qu’un club satellite et perde son identité. « On pense à long terme et nous sommes inquiets », confie à l’AFP Philippe Wolff, président de la Fédération des supporters du RCS (532 membres). « La situation actuelle va au-delà du sportif, corrobore Maxime, porte-parole des Ultras Boys 90, principale association de supporters (850 membres). C’est la vision du foot dont on n’a pas envie : des fonds d’investissement qui rachètent plusieurs clubs. Ça renforce les inégalités et met en péril l’équité sportive. » Pour l’heure, le président du club alsacien Marc Keller tient un discours rassembleur : « Le changement fait peur et je peux comprendre l’inquiétude. Strasbourg s’est toujours construit dans l’élan collectif c’est pour cela qu’on a besoin de tout le monde », a-t-il dit aux vœux du Racing mardi. Le mécontentement ne date pas d’hier : après un début de saison calamiteux, les UB90 avaient publié un communiqué cinglant le 25 novembre, alors que le Racing était englué dans une série de six matches sans victoires. « BlueCo n’est pas le bienvenu à la Meinau et ne le sera jamais. Nous avons affronté McCormack (propriétaire du club entre 1997 et 2003)… nous affronterons BlueCo. » « On a déjà vécu tout cela et finalement est-ce qu’on n’est pas en train de rentrer dans le même schéma ? », demande Maxime des UB90, qui précise que les supporters n’ont jamais été contre la venue de nouveaux investisseurs qu’ils savaient indispensable. Le 20 décembre contre Lille, le Mur Bleu en remet une couche avec un tifo montrant un jeune supporter qui boude le cadeau de la « multipropriété » que lui tend le Père Noël : « Au Racing, même les enfants ne croient plus au Père Noël. » Après de longues semaines ennuyeuses, la relégation s’est éloignée, au moins pour le moment, en seulement dix jours. À deux points du barragiste le 7 décembre, les Alsaciens ont fini le cycle aller avec une marge de 9 points devant Toulouse (16e) avec des jeunes qui s’affirment et une confortable neuvième place. « On a de l’argent mais qu’est-ce qu’on en fait ? On achète des jeunes et il n’y a pas de cadre derrière », commente Mathieu, supporter de 34 ans présent mercredi à l’entraînement. Cet été, Strasbourg a dépensé environ 56 millions d’euros, somme considérable à l’échelle du club, pour des joueurs jeunes à fort potentiel : vingt millions pour l’international ivoirien Abakar Sylla (21 ans), treize pour l’international Espoirs néerlandais Emanuel Emegha (20 ans), vingt pour les anciens Bordelais Dilane Bakwa (21 ans) et Junior Mwanga (20 ans), et trois pour l’ex-Stéphanois Saïdou Sow (21 ans). De la tribune « familles », face au Mur Bleu, d’autres dressent un constat fataliste de la situation : « On perd certainement notre culture régionale mais il fallait bien franchir un cap pour coller aux budgets des autres équipes et espérer autre chose qu’un maintien chaque année, souffle Alan, supporter de 47 ans. La multipropriété n’est pas la solution mais qui d’autre voulait racheter ou mettre un billet ? » À la fédération des supporters, réunie mardi, « les avis divergent » entre les partisans d’une accalmie au regard de la situation sportive et ceux en faveur d’un durcissement. « Certains supporters sont fâchés contre Marc Keller, résume Philippe Wolff. C’est un peu l’enjeu actuel : est-ce qu’il faut encore lui faire confiance ? » L’OM débute la phase retour avec de nombreux absents, notamment dus à la Coupe d’Afrique des Nations. La recrue Jean Onana pourrait faire son entrée sur le terrain dès ce week-end. Depuis le 1er janvier 2024, le mercato est ouvert en Europe. Les clubs de Ligue 1 tenteront de se renforcer avec de nouveaux éléments, tout en vendant leurs joueurs courtisés ou plus dans les plans des staffs. Retrouvez ici, en temps réel, le tableau des transferts hivernaux des 18 clubs de Ligue 1.

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