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Le Saint Nom de Marie, une fête à éclipses

Le Saint Nom de Marie, une fête à éclipses

Connaître le nom de quelqu’un, pouvoir l’appeler par son nom, c’est, d’une certaine façon, avoir un moyen de pression sur lui, raison pour laquelle dans certaines cultures, l’on cache soigneusement le véritable nom donné à un enfant. Dans le christianisme, c’est tout le contraire. Lorsque Gabriel annonce l’Incarnation du Fils de Dieu, il révèle aussitôt qu’il faudra nommer Jésus, c’est-à-dire « Dieu sauve », l’enfant à naître. Et de tous temps, l’Église a su que ce nom était en effet salvateur et qu’il mettait en fuite les puissances du Mal. C’est bien par ce nom que les apôtres et leurs continuateurs chasseront les démons et guériront les malades. Une époque va venir, très vite, où les catholiques vont associer au saint Nom de Jésus celui de sa Mère car ils savent et les exorcistes le constatent, que le nom de Marie agit, lui aussi, efficacement et qu’un possédé, par exemple, ne peut plus le prononcer, révélant ainsi la nature de son état. Il est donc assez logique que l’Église ait songé à instaurer, peu après la fête de la Nativité de Notre-Dame une fête du saint Nom de Marie. Celle-ci apparaît pour la première fois en Espagne en 1513 et elle sera commémorée à Rome. Cependant, cette date coïncide avec les débuts de la Réforme et donc le rejet par les protestants du culte marial. Seules quelques nations l’adoptent, dont la Pologne, car elle apparaît comme une protection contre les hérésies. Sur l’étymologie et la signification du prénom Marie, les spécialistes demeurent partagés et la confusion avec le latin où il renvoie au mot désignant les « mers » ne va pas contribuer à s’y retrouver. Selon les uns, il signifierait Dame, Reine, Princesse, selon les autres, il évoquerait l’océan, là encore, et voudrait dire Étoile des mers, la Stella maris des antiennes mariales. Au vrai peu importe puisque, dans tous les cas, le nom sied à Celle qui l’a reçu. Dès l’Antiquité, les Pères et les Docteurs en ont vanté la puissance et ce n’est pas pour rien que la prière de l’Angelus tout comme le chapelet sont, finalement, un recours à ce saint nom de Marie dont la répétition attire sa protection sur les fidèles. Pourtant, bientôt deux siècles après sa création, la fête du Saint Nom de Marie n’est toujours pas étendue à l’Église universelle. Il faudra une intervention jugée miraculeuse dans une situation humainement désespérée pour que la papauté fasse le nécessaire. Nous sommes à l’été 1683 et les armées ottomanes assiègent Vienne que l’empereur Léopold a dû fuir. La ville résiste, mais au prix de lourdes pertes et dans l’attente de secours extérieurs qui tardent à venir. Sa reddition, en ce mois d’août, paraît imminente et les courages ne tiennent encore que parce que l’envoyé du pape, Marc d’Aviano, un franciscain, promet aux Viennois épuisés un secours céleste qui ne leur fera pas défaut. Il les incite à implorer Notre-Dame du Rosaire, rempart de la chrétienté qui, en tant d’occasions, a déjà fait reculer l’islam triomphant. Pour l’heure, la prière est inefficace. Le 12 août, les Turcs prennent la contrescarpe et tuent des centaines de défenseurs. Début septembre, il n’y a presque plus de munitions et les fortifications semblent sur le point de tomber tandis que les canons turcs écrasent Vienne sous les boulets. Et les renforts lorrains et polonais promis n’arrivent pas… Mais l’on implore encore Notre-Dame des Victoires. Le 11 septembre, enfin, les renforts arrivent. Le dimanche 12, les troupes catholiques livrent à Kahlenberg, au cri de « Dieu est notre secours ! » une bataille décisive et, dans la soirée, les Polonais dévastent le camp turc. La déroute ottomane est totale. Et l’expansion musulmane arrêtée. Notre-Dame a eu pitié de l’Europe. Ce 12 septembre est la fête du Saint Nom de Marie. La Sainte Vierge par le choix de cette date, a prouvé son intervention. Reconnaissant, le pape Innocent XI étend aussitôt sa célébration à toute la catholicité. Du moins jusqu’en 1970 où, emporté dans la vague de désamour et de rejet entourant la dévotion mariale, certains jugent bon de la supprimer comme inutile. En bon Polonais fidèle à l’héroïque mémoire de Jean Sobieski et de ses hussards, Jean Paul II la rétablit en 2002, car il est juste, bon et nécessaire de bénir le nom de Marie, Vierge et Mère, qui éloigne de nous les périls. Aleteia se doit d’être gratuit : les missionnaires ne font pas payer l’évangélisation qu’ils apportent. Grâce à cette gratuité, chaque mois 10 à 20 millions d’hommes et de femmes – majoritairement des jeunes -, visitent la cathédrale virtuelle qu’est Aleteia. Mais vous le savez, si l’entrée de nos églises n’est pas payante, c’est parce que les fidèles y donnent à la quête.

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Ebene Media

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