“Le loup a naturellement peur de l’homme”: la réaction d’un spécialiste à la supposée attaque dans le Var

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"Le loup a naturellement peur de l’homme": la réaction d'un spécialiste à la supposée attaque dans le Var

Le loup est un sujet clivant. Surtout dans notre région où le pastoralisme perdure. Dans ce contexte, Eugène Reinberger essaye de dépassionner les débats et rappelle ce qu’on sait d’un animal sauvage qui traîne toujours une mauvaise réputation: le loup fuit l’homme. Je ne suis pas au courant de cet événement et n’étant pas témoin de la scène, je me montrerai extrêmement prudent. Si je m’en tiens à ce que l’on sait du comportement du loup, c’est un animal qui, naturellement, a peur de l’homme, le plus grand prédateur de la forêt. Si un loup repère un homme, en général il fait tout pour l’éviter, jusqu’à changer de vallée. Maintenant, en cas de “presque rencontre”, ce qui reste exceptionnel, le loup peut être surpris et avoir peur. Au moins autant que le chasseur. Encore plus si ce dernier est accompagné d’un chien. Que le chasseur varois en question ait été impressionné par un loup grognant, c’est tout à fait normal. Mais je le répète: le loup n’attaque pas l’homme. Je suis au courant de l’événement auquel vous faites allusion. Et encore une fois, il ne s’agissait pas d’une attaque mais d’une “presque rencontre”. D’après les éléments dont nous avons eu connaissance, le chasseur barrait, bien involontairement certes, le chemin d’un groupe de loups. La réaction normale des animaux a été de forcer le passage pour s’échapper. C’est sans doute très impressionnant mais, que je sache, le chasseur n’a pas été blessé. Les loups sont des animaux rares et furtifs. On ne peut pas les compter comme on compte des moutons dans un parc. Les chiffres avancés sont donc le fruit d’une estimation. Et en la matière, la France, en l’occurrence l’Office français de la biodiversité, utilise l’une des méthodes les plus sophistiquées: la CMR pour capture, marquage et recapture. Précision utile: on ne capture pas d’animal à proprement parler, mais des indices (poils, déjections…) à partir desquels on extrait l’ADN. Et selon cette méthode, la population de loups en France est estimée à 1.100 individus. Cette “attaque” ou “presque rencontre”, selon comment on la qualifie, est-elle un mauvais présage pour le loup en France? À l’évidence. À chaque “incident”, les opposants aux loups s’en font les gorges chaudes. Cela va alimenter la proposition d’Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne qui, sous la pression du lobby agricole et parce qu’elle veut être réélue en 2024, vient de proposer le déclassement du statut de protection du loup. Et même, si dans les faits, rétrograder le loup d’espèce strictement protégée à espèce protégée ne changerait pas grand-chose – les pays devant maintenir l’espèce en état de conservation -, ce n’est pas bon. Le nombre de loups tués en France – 200 individus – alors que leur prélèvement n’est possible que sur dérogation, est parlant.
“Rhôooooooooo!”

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