Le froid tape dur et les places manquent pour les sans-abri : “Quand je n’en peux plus, je marche sans m’arrêter pour me réchauffer un peu”

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Le froid tape dur et les places manquent pour les sans-abri : “Quand je n’en peux plus, je marche sans m’arrêter pour me réchauffer un peu”

”Il n’y a plus de place, veuillez nous recontacter demain si nécessaire”. C’est la réponse, quasi invariable, que reçoit Solène (prénom d’emprunt), 52 ans, usagère depuis une dizaine d’années des services de l’Ilot, opérateur majeur de la lutte contre la pauvreté à Bruxelles. L’association a recueilli son témoignage : “Je continue quand même à appeler les abris de nuit, je réessaie à chaque fois. Même si je n’y crois plus. La seule solution est donc de passer la nuit dehors, dans le froid. Sous la tente, tu peux accumuler les couches, mais tant qu’elles sont humides ça ne change rien. Et tu bouges le moins possible pour ne pas laisser entrer l’air glacial sous tes couvertures. J’ai les membres raidis, comme tétanisés. Quand je n’en peux plus, je marche sans m’arrêter pour me réchauffer un peu. Et l’alcool, qui apaise la tête et le corps, est une tentation difficile à éviter “, décrit Solène. Cette réalité, “effroyable”, personne ne devrait l’endurer ; le froid actuel est un véritable en enfer pour les personnes sans abri ; chaque nuit glaciale apporte son lot de drames, alerte l’Ilot. Beaucoup d’enfants, de femmes et d’hommes sont obligés de dormir dehors, faute de places en suffisance dans les services d’accueil. Le dernier dénombrement du “sans-abrisme et mal logement” publié en juin par Bruss’Help, la plateforme bruxelloise qui coordonne dans la capitale l’aide d’urgence aux sans-abri, recensait un peu plus de 7 000 personnes sans solution durable d’un logement propre à Bruxelles. Les températures prévues pour les prochains jours -gel généralisé la nuit, avec un thermomètre qui plongera sous le zéro en journée aussi – augmentent encore les risques. Bruss’Help active d’ailleurs son plan “froid extrême”. Dès ce lundi, 145 places d’accueil supplémentaires seront disponibles. Il s’agit d’abord de l’ouverture, ce lundi, d’un centre temporaire de la Croix-Rouge à Anderlecht, avec une capacité de 100 places, essentiellement pour l’hébergement pour hommes seuls. Installé dans un ancien immeuble de bureaux, il restera opérationnel 24 heures sur 24 pendant au moins un mois, éventuellement au-delà en fonction des conditions météorologiques. Les 45 autres places supplémentaires (25 pour les familles, à Auderghem, et 20 dans un centre pour hommes isolés, à Anderlecht) qui ouvrent ce lundi relèveront du Samusocial. Par ailleurs, la Gare du Midi (SNCB) sera maintenue ouverte si les températures sont négatives et la société bruxelloise de transports en commun (Stib) tolérera davantage, sous ces mêmes conditions, les personnes “en errance” dans ses stations. De son côté, le bourgmestre de Namur, Maxime Prévot (Les Engagés), a pris vendredi après-midi une ordonnance interdisant aux sans-abri de dormir dehors jusqu’au 11 janvier. Les personnes refusant d’être mises à l’abri pourront être privées de liberté par la police. Des ordonnances similaires ont déjà été édictées précédemment dans la capitale wallonne. Mais la fréquentation de l’abri de nuit a augmenté cet hiver, entraînant régulièrement une saturation, ce qui inquiète les autorités. Un accord privilégié entre le CPAS de Namur et un hôtel permet de proposer des lits supplémentaires, mais leur nombre reste limité. “Nous cherchons donc des solutions pour proposer encore davantage de lits, mais nous encourageons en priorité les sans-abri à chercher des solutions de logement du côté de leurs proches”, a expliqué le président du CPAS namurois, Philippe Noël (Ecolo), à l’agence Belga. Ces derniers jours, nous n’entendons parler que d’actions répressives, de programmes sécuritaires : autant d’actions qui cachent la misère mais n’y répondent pas. À peine 12 nouveaux logements libérés pour les sans-abri à Bruxelles : le flop de l’appel à projets de Nawal Ben Hamou Les deux appels à projets destinés à reloger des sans-abri n’ont permis de libérer que 12 logements depuis 2021. Les Agences immobilières sociales (AIS) n’ont pas adhéré au projet. Au moins 2.500 personnes se sont retrouvées sans abri après qu’un incendie a éclaté dans certaines parties d’un camp de réfugiés rohingyas densément peuplé dans le sud-est du Bangladesh dimanche, a indiqué un porte-parole de la police. Séisme du Nouvel An au Japon : le bilan s’alourdit à 161 morts, la neige perturbe les secours

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