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La femme de Volodymyr Zelensky a-t-elle acheté une Bugatti pour plusieurs millions d'euros?

Non, mais la propagande prorusse aimerait vous le faire croire.

Si vous croyez tout ce que vous lisez sur internet, c’est sûrement que vous êtes une bonne âme un peu trop naïve. Heureusement, nous sommes là pour vous faire redescendre sur terre (ronde, la Terre). En cette période trouble, tant nationalement qu’internationalement, savoir s’informer est devenu indispensable pour ne pas virer complotiste et vous retrouver à hurler partout que vous «ne contractez pas».

Par exemple, vous avez peut-être lu cette semaine qu’Olena Zelenska, l’épouse du président ukrainien Volodymyr Zelensky, aurait récemment dépensé plusieurs millions d’euros dans une voiture Bugatti, en marge d’une visite officielle à Paris, le 7 juin 2024. La première dame aurait également profité d’une précédente venue de son mari en France, en décembre 2022, pour se faire une petite sortie shopping à 42.500 dollars (près de 39.400 euros), retrace le magazine américain Forbes.

Cette fois, l’histoire d’Olena Zelenska et de la Bugatti Tourbillon, le tout nouveau modèle du constructeur de voitures de luxe, est partie d’un site en langue française, Vérité Cachée. Celui-ci a commencé à faire circuler la fausse information en apportant comme preuve une facture présumée, ainsi qu’une vidéo d’un employé de la concession Bugatti à Paris qui aurait vendu le véhicule pour 4,5 millions d’euros. Tout est faux, la vidéo est un deepfake et le reçu est bourré de fautes, ce qui n’a pas empêché le mensonge de circuler, par exemple dans ce thread publié sur X (anciennement Twitter).

«Les sources de propagande russe répandent une fake news sur l’achat présumé par Olena Zelenska d’une Bugatti Tourbillon pour 4,5 millions d’euros», a désamorcé le Centre de lutte contre la désinformation, organisation administrative ukrainienne qui dépend du Conseil de défense et de sécurité nationale d’Ukraine, le 1er juillet sur le réseau X. Pas suffisant aux yeux de nombreux internautes, de bonne foi ou non, qui continuent à faire circuler la fausse information.

«J’y crois parce que ça m’arrange»

Le problème aujourd’hui, avertit Joe Karasin, spécialiste du marketing des réseaux sociaux chez Karasin PPC, c’est que de nombreux gros comptes présents sur les plateformes sont aujourd’hui considérés comme des sources d’information fiables par les internautes.

«Sur les réseaux sociaux, les utilisateurs de premier plan partagent ce type d’informations, mais il est assez difficile de savoir si cela leur fait gagner de nouveaux abonnés ou si cela les rapproche simplement de leurs abonnés actuels. Des personnalités comme Alex Jones et Ben Shapiro ont construit de solides communautés en partageant de la désinformation, mais c’était déjà le cas de l’animateur radio Rush Limbaugh il y a trente ans», explique Joe Karasin auprès de Forbes, en éclairant un peu les motivations derrière les relais de ce genre de mensonges.

«Ironiquement, plus le message est simple, plus il est susceptible d’être repris et diffusé, juge quant à elle l’avocate Irina Tsukerman, présidente de l’organisation américaine Scarab Rising et analyste géopolitique spécialisée dans la guerre de l’information. La propagande ne nécessite pas d’explications ou de vérifications approfondies. Les biais cognitifs et biais de confirmation jouent un rôle énorme dans la diffusion de la désinformation. Dans ce cas, le public auquel le message s’adresse a tendance à être déjà sceptique à l’égard du gouvernement en général et de l’aide des États-Unis à l’Ukraine en particulier.»

En clair, si vous jugez que les États qui soutiennent l’Ukraine dépensent trop d’argent pour l’aider, ou bien si vous trouvez que Vladimir Poutine n’a pas totalement tort, alors les histoires supposées de corruption du couple Zelensky, de dépenses inconsidérées et de détournement des aides occidentales entreront en résonance avec vos convictions… et vous serez bien content d’y croire.

Ajoutez à cela un fond de défiance envers les médias traditionnels et la multiplications des sources d’information en ligne et vous obtenez des gens perdus, qui ne savent plus à quel saint se vouer et qui croient donc en ce qui s’intègre le mieux à leur conception de la réalité.

«Dans notre culture des réseaux sociaux, c’est aussi une marque d’honneur de “partager des informations que les médias traditionnels ignoreront”, décrypte également Joe Karasin. Cela donne à la personne qui les partage une perception d’être un initié, “assez intelligent” pour ne pas tomber dans le piège des “mensonges”, ce qui gonfle ensuite l’ego des abonnés qui doivent également être “malins”. En flattant l’audience de cette manière, ces personnalités solidifient leur relation avec leur audience et aident à propager de faux récits.»

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Ebene Media

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