Iran : le groupe État islamique revendique l’attentat qui a fait 84 morts

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Alors que l’Iran observait une journée de deuil national, le groupe djihadiste État islamique a revendiqué ce 4 janvier l’attentat de la veille, dans le sud du pays, qui a fait 84 morts près de la tombe du général Qassem Soleimani, ex-architecte des opérations militaires iraniennes au Moyen-Orient.

L’État islamique (EI) a revendiqué ce 4 janvier l’attentat à Kerman, dans le sud de l’Iran, qui, la veille, a fait 84 morts. La double explosion était survenue dans un contexte régional très tendu depuis le début du conflit le 7 octobre entre Israël et le Hamas, et au lendemain de l’élimination d’un haut responsable de ce mouvement islamiste palestinien dans une frappe près de Beyrouth, attribuée à Israël.

Via ses chaînes Telegram, le groupe terroriste a indiqué que deux de ses membres avaient «activé leur ceinture explosive» au milieu «d’un grand rassemblement d’apostats, près de la tombe de leur leader Qassem Soleimani hier à Kerman, dans le sud de l’Iran». Une foule y était rassemblée pour commémorer la mort du général, tué en janvier 2020 par une frappe américaine en Irak et célébré en Iran pour son rôle dans la défaite de l’EI.

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Ce 4 janvier, le ministre de l’Intérieur, Ahmad Vahidi, avait indiqué à l’agence locale Isna que la sécurité serait renforcée aux frontières poreuses avec l’Afghanistan et le Pakistan, qui sont un point de passage pour des groupes armés combattant le pouvoir iranien.

Plus tôt dans la journée, l’agence officielle Irna avait cité «une source informée», indiquant que la première déflagration avait été provoquée par un kamikaze, un homme dont le corps avait été déchiqueté. Pour la seconde, l’enquête se poursuit, mais il s’agissait très probablement aussi d’un kamikaze, a ajouté Irna.

Ali Khamenei promet une «réponse sévère»

En Iran, avant la revendication de l’EI, des responsables avaient aussitôt pointé du doigt Israël et les États-Unis, un conseiller politique du président iranien, Mohammad Jamshidi, accusant les «régimes américain et sioniste» d’être derrière l’attentat.

Le département d’État américain avait jugé «absurde» toute suggestion d’une implication des États-Unis ou d’Israël, un haut responsable américain, s’exprimant sous couvert d’anonymat, jugeant lui que l’attaque ressemblait «au genre de chose» faite par l’EI «par le passé».

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Un premier bilan de plus de 100 morts a été revu à la baisse ce 4 janvier par le chef des services d’urgence du pays, Jafar Miadfar, qui a fait état de 84 personnes tuées et 284 blessées. Cette attaque est la plus meurtrière dans le pays depuis 1978, quand un incendie criminel avait fait au moins 377 morts dans un cinéma d’Abadan, selon les archives de l’AFP.

Ennemi juré de l’Iran, Israël n’a pas commenté l’attentat. «Nous sommes concentrés sur les combats avec le Hamas» dans le territoire palestinien de la bande de Gaza, a indiqué le porte-parole de l’armée israélienne, Daniel Hagari.
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, avait promis avant la revendication de l’EI une «réponse sévère» à cet acte, le président Ebrahim Raïssi annulant un déplacement prévu ce 4 janvier en Turquie, selon un média d’État.

Une attaque unanimement condamnée

La première explosion s’est produite à 700 mètres de la tombe du général Soleimani, la seconde un kilomètre plus loin, selon des sources iraniennes. Le mouvement islamiste palestinien Hamas, soutenu par Téhéran, a lui fustigé un «acte terroriste […] qui cherche à déstabiliser la sécurité de la République islamique au service de l’agenda de l’entité sioniste [Israël]».

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La Syrie, a exprimé «son entière solidarité face aux attaques terroristes et aux complots honteux» visant, selon elle, son allié iranien. Le président russe, Vladimir Poutine, a lui dénoncé un attentat «choquant par sa cruauté et son cynisme». Le secrétaire général de l’ONU, l’Union européenne, la France, l’Allemagne, la Jordanie et l’Arabie saoudite ont également condamné l’attaque.

Le général Soleimani, qui dirigeait la Force Qods, la branche des opérations extérieures du corps des Gardiens de la Révolution islamique d’Iran, avait été déclaré «martyr vivant» par l’ayatollah Ali Khamenei, alors qu’il était encore en vie.

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