« Dean Martin. King of Cool », sur Arte.tv : un crooner doué, « roi du cool » et de la dissimulation

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« Dean Martin. King of Cool », sur Arte.tv : un crooner doué, « roi du cool » et de la dissimulation

« Dean Martin. King of Cool », sur Arte.tv : un crooner doué, « roi du cool » et de la dissimulation Golden Globes 2024 : la course aux Oscars est lancée, avec « Oppenheimer », « Pauvres Créatures » et « Anatomie d’une chute » en pole position Un documentaire truffé d’épatantes archives dresse le beau portrait d’un mythe du show américain, sur scène et à l’écran. D’une phrase, Elvis Presley trouve les mots justes. Face à la petite Deana Martin, fille de Dean, il lui dit : « On m’appelle le roi du rock ’n’ roll, mais ton père, c’est vraiment le roi du cool ! » Peut-on rêver plus beau compliment pour Dean Martin (1917-1995), né Dino Crocetti, fils d’un coiffeur et d’une couturière originaires des Abruzzes, en Italie, élevé à Steubenville (Ohio), et qui, jusqu’à l’âge de 6 ans, ne parlait pas un mot d’anglais ? Le « roi du cool » à l’américaine, ­capable de remplir les salles, de pulvériser les audiences télé durant dix ans avec son show hebdomadaire, de vénérer Caruso et d’être adoubé par Sinatra, de faire ­carrière tout en ayant l’air de se moquer de tout, c’est donc lui. Beau gosse, sacré chanteur, bon danseur, acteur, blagueur, séducteur, bien sûr. Mais, derrière le succès se cache un homme « très complexe », comme le résumera l’une de ses épouses. L’intérêt de ce documentaire truffé d’épatantes archives, notamment celles de la télévision américaine des années 1950 et 1960, est justement d’aller un peu plus loin que le portrait d’un type aussi doué, travailleur et, bien sûr, si cool. Chez Dean Martin, il y a aussi l’alcool et la dépression, profonde. « Pour être cool, il faut garder une part de mystère, cacher son jeu », disait-il. Mission accomplie. Personne, pas même ses épouses et ses enfants adorés, ne sait vraiment qui se cache derrière « Mr Cool ». Son duo avec Jerry Lewis, avec lequel, durant dix ans, il remplira les salles et fera fortune, ses tournées déjantées avec le Rat Pack (auprès de Frank Sinatra et de Sammy Davis Jr), ses nombreuses apparitions, plus ou moins réussies, au cinéma, son show télévisé où se bousculent les stars, tout est évoqué. Mais derrière la légèreté du grand séducteur plane toujours une ombre. Comme si la vie n’était qu’une blague et que seules de bonnes parties de golf, sa grande passion, permettaient de supporter tout ce cirque. Dean Martin n’a jamais été dupe. Avant la gloire, il travailla dans une mine de charbon, fut croupier dans l’arrière-boutique d’un tabac mal fréquenté. Il rêvait d’être boxeur et devint crooner à force de travail acharné. Des salles miteuses aux soirées de gala, il aura tout vécu. Las Vegas devient son royaume, mais le drame n’est jamais loin. Alcoolisme, tabagisme, dépression le suivent de près. En dix-huit mois, au milieu des années 1960, il perd ses parents et son frère. En 1987, son fils, pilote d’avion de chasse, se tue dans un accident. Dean Martin, le grand séducteur, ne cherche même plus à faire illusion. Fumeur compulsif, on lui diagnostique un cancer du poumon. Il refuse de se faire opérer, ne s’arrêtera de fumer qu’à 76 ans. Deux ans plus tard, le « roi du cool » disparaît. Everybody Loves Somebody… Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil. Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette). En cliquant sur « Continuer à lire ici » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte. Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

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