Comment les attaques de drones des houthis en mer Rouge vont relancer l’inflation chez nous

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L’effet papillon, version terroriste. 

La mondialisation, c’est merveilleux: quelques drones tirés en mer Rouge vont suffire à faire flamber durablement les prix dans le monde entier, prévient le magazine scientifique britannique New Scientist.

Depuis plusieurs semaines, les rebelles houthis attaquent des navires commerciaux transitant par la mer Rouge à coup de missiles et de drones-kamikazes, prétendument en solidarité avec les Palestiniens de Gaza, touchés par le conflit entre Israël et le Hamas.

Ce harcèlement a conduit à la formation d’une coalition et d’une opération internationale, nommée «Gardien de la prospérité». De son côté, l’armée américaine a déjà mené quatre premières ripostes au Yémen en moins d’une semaine, entre le 12 et le 18 janvier. Par ailleurs, depuis le 16 janvier, les États-Unis ont réinscrit les houthis sur leur liste d’«organisations terroristes».

Les attaques des rebelles houthis en mer Rouge «ont contraint des centaines de navires transportant des marchandises valant des milliards de dollars à éviter la zone et le raccourci vers la mer Méditerranée via le canal de Suez, ce qui a entraîné une augmentation mondiale de l’inflation et des émissions de carbone», détaille New Scientist. «Tout cela grâce à des drones explosifs produits en série et fabriqués à un coût relativement faible.»

En un mois, le nombre de porte-conteneurs transitant par la mer Rouge est passé de 400 navires par jour à moins de 300, soit une baisse de 25%. De plus en plus de bateaux empruntent l’itinéraire bis du cap de Bonne-Espérance, lequel rajoute deux à quatre semaines de trajet, un coût supplémentaire de 1 million de dollars (environ 921.000 euros) en carburant et 2.700 tonnes de dioxyde de carbone en plus par trajet rallongé.

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Coût minimal, emmerdement maximal

Conséquemment, le tarif du transport de marchandises par voie maritime a doublé. Cela devrait engendrer une hausse mondiale des prix de 0,7%, laquelle pourrait durer jusqu’à dix-huit mois, selon une étude réalisée en mars 2022 par le Fonds monétaire international (FMI) et basée sur les précédents historiques d’une telle situation.

Les effets se font d’ailleurs déjà sentir du côté des industriels. Le 11 janvier, l’usine berlinoise de Tesla a annoncé devoir suspendre sa production pendant deux semaines, du 29 janvier au 11 février, par manque de certains composants venus d’Asie. Des usines Volvo (en Belgique), Suzuki (en Hongrie) ou Michelin (en Espagne) ont fait de même.

Les armées du monde entier, elles, tirent déjà les leçons de cette crise: un groupe armé non étatique, ne disposant même pas d’une marine de guerre peut désormais «menacer la liberté de navigation» et perturber l’économie mondiale avec des moyens relativement modestes. Accrochez-vous, ça va secouer.

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