Anthony Delon : « Ma sœur Anouchka nous a caché la détresse dont souffrait notre père »

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Anthony Delon : « Ma sœur Anouchka nous a caché la détresse dont souffrait notre père »

EXCLUSIF – Plus que jamais inquiet de l’état de santé de son père, Anthony Delon met aujourd’hui en cause sa sÅ“ur Anouchka contre laquelle il a déposé une main courante. Paris Match. Le 7 novembre 2023, vous avez déposé une main courante à la police concernant votre sÅ“ur Anouchka. Pourquoi ? Anthony Delon. Oui… Elle ne m’a pas laissé le choix ! Ma sÅ“ur ne nous a jamais informés mon frère et moi qu’entre 2019 et 2022 mon père avait été ­soumis à cinq tests cognitifs lors de ses visites à la clinique en Suisse et qu’il n’en a réussi aucun. D’après les médecins, ces tests démontrent une dégradation cognitive qui place mon père en position de faiblesse psychologique et donc de vulnérabilité. Anouchka, qui réside en Suisse et travaille depuis 2018 pour la société de mon père, était de fait la personne référente auprès de la clinique, ainsi qu’Hiromi Rollin qui l’accompagnait toujours dans ses déplacements. Elle nous a caché ces résultats, pour des intérêts personnels dont je me fiche aujourd’hui, même si je n’en connais pas encore toute la portée. En revanche, ce qui pour moi est grave, c’est que, connaissant les agissements de Mme Rollin, elle nous ait dissimulé la détresse dans laquelle se trouvait notre père. En gardant le silence, elle l’a clairement mis en danger. Pour moi, cela la rend indirectement complice de tous les abus et violences dont il a été la victime. Je vous rappelle que le 5 juillet dernier nous l’avons récupéré dans un état physique et psychologique plus que préoccupant. Durant plus de neuf mois, ma sÅ“ur m’a retenu ­d’intervenir, je comprends maintenant pourquoi… D’un point de vue moral, c’est abject. Je me dois d’être cohérent et en accord avec ma façon de penser. J’ai donc déposé cette main courante pour laisser une trace, et aussi parce qu’une personne qui est capable de manipuler sa famille et de lui mentir comme elle l’a fait est capable de tout. Après le 5 juillet, lorsque nous avons mis dehors Hiromi Rollin, il a fallu trouver un médecin pour suivre quotidiennement mon père à Douchy, celui qui s’occupait de lui ayant été muté en province quelques semaines auparavant. C’est moi qui m’en suis chargé. Son dossier a été tout naturellement transféré de Suisse pour les besoins du suivi médical. Ce n’est que fin septembre que mon frère et moi avons découvert l’existence de ces cinq tests, suite à une “indiscrétion†du médecin qui pensait que nous étions au courant. Aujourd’hui, la brigade de recherche d’Orléans les a en sa possession après les avoir saisis en complément de l’enquête en cours. Car, au-delà de l’aspect familial, il y a aussi un aspect judiciaire. Les gendarmes se posent pas mal de questions. Ils essaient aussi, me semble-t-il, de comprendre les motivations d’Anouchka. Elle a prétendu n’être au courant que d’un ou deux tests, l’un pratiqué quelques semaines après l’AVC de juillet 2019 et l’autre six mois plus tard, arguant qu’à l’époque elle était préoccupée par sa grossesse [son fils Lino est né en février 2020] et que cela lui était complètement sorti de la tête. Puis elle a éludé. Cinq tests ont pourtant été pratiqués en l’espace de deux ans et demi, la grossesse n’explique pas tout… Il ne va pas bien, il est affaibli, il en a marre. Il ressent aussi toutes ces tensions autour de lui et je pense que ça le peine. Regardez, ma sÅ“ur n’est pas venue passer Noël avec nous, ça l’a aussi beaucoup affecté. Pourtant il y a de forts risques que ce soit son dernier. Il a d’ailleurs dit à Sophie, la mère de mes filles qui a fait l’aller et retour dans la journée pour l’embrasser : “C’est mon dernier Noël, tu restes ?†Elle avait prévu de passer Noël avec ses deux autres enfants, elle a quitté Douchy les larmes aux yeux. Mon petit frère Alain-Fabien vit à Douchy maintenant. Il est très présent. Il s’occupe d’ailleurs très bien de lui. Je pense que mon père avait besoin de cela. Moi, je vais le voir là-bas en moyenne deux fois par semaine, parfois avec mes filles Liv et Loup qui sont très attachées à leur grand-père. Pour Anouchka qui vit en Suisse, c’est un peu plus contraignant, il y a cinq heures de voiture. Elle vient quand elle le peut. Comme vous avez pu le voir, nous avons passé les fêtes de Noël ensemble, avec Liv, Loup et Alain-Fabien, c’est le plus important : Noël est une fête de famille. Le Nouvel An a moins d’importance. Je me souviens de ma mère qui n’avait pas voulu fêter l’année 2021. Elle m’avait dit : “Tu restes chez toi, je ne vais pas célébrer l’année où je vais me faire la malle…†Il ne supporte plus de se voir comme ça, diminué. Il parle peu, ça le fatigue ou bien ça l’énerve quand on le fait ­répéter, car sa voix n’est plus ­toujours placée, je veux dire audible. A-t-il toujours la volonté de finir ses jours à Douchy ? ­Pourquoi est-il si attaché à cette maison ? Oui, finir ses jours à Douchy est sa dernière volonté et elle sera respectée. Il ne veut plus bouger ; d’ailleurs, selon le médecin, il n’est pas transportable. L’emmener en Suisse serait extrêmement dangereux. C’est même une source de conflits ces dernières semaines entre ma sÅ“ur et nous, ses fils. Elle voudrait à tout prix le rapatrier à Genève, parce que ça l’arrange elle ! Le problème, c’est qu’il lui a passé beaucoup trop de choses et qu’il a du mal à lui dire non… Mais c’est sa volonté à lui qui doit primer cette fois. Mon père est attaché à cette maison car il l’a construite, l’a habitée : chaque centimètre carré de Douchy lui ressemble, est chargé de son histoire. C’est chez lui. Les chiens sont là aussi… Vous y avez passé vous-même beaucoup de temps récemment. Êtes-vous également attaché à cette propriété, que représente-t-elle pour votre famille ? Chacun de nous y a son histoire, chacun y a fabriqué ses propres souvenirs. Moi, j’ai vu naître ce lieu : Mireille [Darc] a construit la maison principale et a détruit le ­château pour y faire creuser le lac et « ­accueillir les canards ». J’ai aussi vu ici Jean-Claude Bouttier se préparer pour le Championnat du monde de boxe. Pour mon père, c’est simplement sa maison, son refuge. C’est fort et très simple à la fois, non ? Quel a été l’élément déclencheur de votre action commune contre Hiromi Rollin ? Qui de vous trois, les enfants d’Alain Delon, a donné l’alerte ? Qu’est-ce qui vous a poussé à agir ? J’ai été le premier à “tiquerâ€, si on peut dire, lorsque je suis venu déjeuner à Douchy pour l’anniversaire de mon père. J’ai appris qu’il s’était dangereusement blessé en tombant et que cette dame n’avait appelé personne. Puis, pendant près de dix-huit mois, j’ai notifié auprès de la police ce qui se passait, pour déposer ma plainte le moment venu. Il y a ensuite, quelques semaines avant notre intervention, une autre plainte ­formulée par Anouchka et un avocat spécialisé en droit de succession, que mon frère et moi avons cosignée pour rester solidaires. Est-il vrai que, le 27 juin, votre père avait demandé – par écrit – à Hiromi Rollin de quitter Douchy ? Comment l’avez-vous appris ? Avez-vous ce document ? J’étais là quand il a signé ce document. Il l’a fait effectivement fin juin, à la clinique de Genolier [en Suisse], en présence de ma sÅ“ur et moi. Le document est en la possession du procureur de Montargis. Loubo ne quitte pas mon père d’une semelle. Mon père, lui, est dans ses pensées. Lorsqu’il est dans la cuisine, il regarde vers l’extérieur, joint souvent ses mains pour réfléchir. Il garde aussi toujours un Å“il sur les écrans des caméras de sécurité, un Å“il soudain alerté, concentré, inquisiteur presque, puis il repart au loin dans ses souvenirs.  C’est mon livre “Entre chien et loup†* qui nous a surtout rapprochés. Il a compris que ce n’était pas un règlement de comptes  Vous passez beaucoup de temps avec votre père à Douchy, les épreuves récentes vous ont-elles rapprochés ? Pas plus que cela… C’est mon livre “Entre chien et loup†* qui nous a surtout rapprochés. Il a compris que ce n’était pas un règlement de comptes mais, bien au contraire, que je parlais d’amour et de pardon. Aujourd’hui, son humeur est souvent changeante, sans doute à cause de ce qu’il vit, et je ne vous cache pas que c’est un peu compliqué à gérer pour tout le monde. Peut-on dire que ces épreuves vous ont aussi rapproché de votre frère et de votre sÅ“ur ? Je n’étais pas vraiment proche d’eux avant ce 5 juillet. Eux se connaissent parfaitement parce qu’ils ont grandi ensemble, mais moi je les ai rencontrés sur le tard. L’affaire Rollin a au moins eu ce bénéfice de m’avoir donné l’opportunité d’apprendre à les connaître. Que répondez-vous à ceux qui prétendent que ce ne sont que les prémices d’une querelle d’héritage ? Mon père a réglé les choses. Il a fait ce qui lui semblait juste. Je serai transparent là-dessus le moment venu. Je n’ai pas de problème avec ça, le passé a montré que j’ai toujours dit ce que je pensais, sans filtre. Mon livre en est je crois une preuve supplémentaire. Votre père a dit un jour souhaiter “laisser une fin heureuse à ses enfantsâ€. Y parviendra-t-il ? L’argent n’a jamais fait le bonheur véritable, sinon ça se saurait. Le bonheur familial c’est l’union, l’amour, la confiance et l’empathie envers les siens. Malheureusement, il n’a pas su rassembler sa famille. Regardez ce qu’il s’est passé lorsqu’il a reçu sa Palme d’or d’honneur au Festival de Cannes, par exemple, l’histoire parle pour elle-même… [NDLR : en 2019, Anouchka Delon était la seule invitée par son père pour la remise de cette récompense.] Dieu seul sait le temps qui lui est imparti. J’ai appris qu’il ne faut pas espérer ou se projeter à ce stade d’une vie : il faut prendre chaque jour comme il vient. Pour la famille qu’il a fondée, on verra. Aujourd’hui, je ne peux me porter garant que pour celle que j’ai construite. Je sais comment j’ai élevé mes enfants.

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