A peine élu, Lai Ching-te s’engage à protéger Taïwan « des menaces et intimidations de la Chine » ; Pékin répond qu’elle s’opposera aux « activités séparatistes »

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A peine élu, Lai Ching-te s’engage à protéger Taïwan « des menaces et intimidations de la Chine » ; Pékin répond qu’elle s’opposera aux « activités séparatistes »

« Distancé par Apple au moment de prendre le virage du smartphone, Microsoft est revenu dans la course » « En cas de défaite de l’Ukraine, le pouvoir de Poutine serait plus assuré et il n’en serait que plus enclin à d’autres aventures militaires » Guy Burgel, géographe : « Il est à craindre que les Jeux olympiques de Paris 2024 creusent un déficit démocratique » « En course pour les Oscars, “Anatomie d’une chute” a pris maintes fois la lumière et autant de coups qui, plutôt que l’affaiblir, le font grandir » « Qui après nous vivrez », d’Hervé Le Corre : cette vieille envie d’écrire sur la fin du monde « Plus belle la vie », « Demain nous appartient », « Ici tout commence » : l’usine à feuilletons française tourne à plein régime « Plus belle la vie », « Demain nous appartient », « Ici tout commence » : l’usine à feuilletons française tourne à plein régime Le candidat du Parti démocrate progressiste est arrivé en tête de l’élection, qui s’est déroulée samedi, en obtenant 40,1 % des voix. Son principal opposant, Hou Yu-ih, a reconnu sa défaite. Candidat à l’élection présidentielle pour le Parti démocrate progressiste (DPP), décrié par la Chine comme un « grave danger » en raison de ses positions en faveur de l’indépendance, Lai Ching-te est arrivé en tête de l’élection présidentielle taïwanaise qui s’est déroulée samedi 13 janvier, en obtenant 40,1 % des voix, selon des résultats officiels portant sur 99,9 % des bureaux de vote. « Je veux remercier le peuple taïwanais pour avoir écrit un nouveau chapitre dans notre démocratie », a réagi Lai Ching-te dans un discours tenu devant ses partisans dans la soirée, en ajoutant : « Nous disons à la communauté internationale qu’entre la démocratie et l’autoritarisme nous serons du côté de la démocratie. » Le président élu a estimé que « le peuple taïwanais a résisté aux efforts des forces extérieures pour influencer cette élection », dans une référence à peine voilée à la Chine, qui revendique sa souveraineté sur l’île. Il a affirmé : « Nous sommes convaincus que seul le peuple taïwanais a le droit de choisir son propre président. » « Nous sommes déterminés à protéger Taïwan des menaces et intimidations continuelles de la Chine », a ainsi déclaré Lai Ching-te face à ses partisans, promettant toutefois de « poursuivre les échanges et la coopération avec la Chine ». Il prendra ses fonctions le 20 mai. Son principal opposant, Hou Yu-ih, candidat du plus grand parti d’opposition à Taïwan, le Kouomintang (KMT), favorable à un rapprochement avec la Chine, a concédé sa défaite, dès les résultats dévoilés. « Je respecte la décision finale du peuple taïwanais » et « je félicite Lai Ching-te et Hsiao Bi-khim [sa colistière, candidate à la vice-présidence] pour leur élection, en espérant qu’ils ne décevront pas les attentes du peuple taïwanais », a déclaré ce dernier. Selon le décompte de la commission électorale centrale, il a obtenu 33,2 % des votes. Le troisième candidat à la présidence, Ko Wen-je, 64 ans, candidat du petit Parti populaire taïwanais (TPP) qui se présente comme anti-establishment, était donné dernier avec 25,3 % des voix. Les quelque 18 000 bureaux de vote de l’île ont fermé à 16 heures (9 heures à Paris) dans ce territoire de 23 millions d’habitants situé à 180 kilomètres des côtes chinoises, salué comme un modèle de démocratie en Asie mais dont Pékin revendique la souveraineté. Les Taïwanais votaient aussi samedi pour renouveler les 113 sièges du Parlement, où le DPP pourrait perdre sa majorité. Agé de 64 ans, Lai Ching-te a été qualifié par Pékin de « grave danger » en raison de ses propos passés en faveur de l’indépendance de l’île et de son combat pour qu’elle garde son autonomie vis-à-vis de la Chine. A l’aube de l’élection, Pékin a appelé l’électorat à faire « le bon choix » et l’armée chinoise a promis d’« écraser » toute volonté d’« indépendance ». « L’Armée populaire de libération de Chine maintient une vigilance élevée à tout moment et prendra toutes les mesures nécessaires pour écraser fermement les tentatives d’“indépendance de Taïwan” sous toutes leurs formes », a encore déclaré le porte-parole du ministère de la défense chinois, Zhang Xiaogang. Toute la semaine, la Chine a accentué sa pression diplomatique et militaire sur Taïwan. Jeudi, cinq ballons chinois ont franchi la ligne médiane séparant l’île autonome de son territoire, selon le ministère de la défense taïwanais, qui a aussi repéré dix avions et six navires de guerre. Samedi, des journalistes de l’Agence France-Presse ont également observé un avion de chasse chinois au-dessus de la ville de Pingtan, la plus proche de Taïwan. Et sur le réseau social chinois Weibo, le hashtag « Election à Taïwan » a été bloqué dans la matinée. Le même jour, Chen Binhua, porte-parole du bureau chinois responsable des relations avec Taïwan, cité par l’agence Chine nouvelle, a affirmé que ce vote « n’entravera pas la tendance inévitable d’une réunification avec la Chine ». « Nous nous (…) opposerons fermement aux activités séparatistes visant à l’indépendance de Taïwan ainsi qu’à l’ingérence étrangère », a poursuivi le porte-parole. Le statut de Taïwan est l’un des sujets les plus explosifs de la rivalité entre la Chine et les Etats-Unis, premier soutien militaire du territoire, et Washington a prévu d’envoyer une « délégation informelle » sur l’île après le vote. Vendredi, le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a rencontré à Washington Liu Jianchao, à la tête de la division internationale du comité central du Parti communiste chinois. Il lui a rappelé l’importance de « maintenir la paix et la stabilité dans le détroit de Taïwan ». Samedi à l’annonce des résultats, l’Union européenne (UE) a « salué » la tenue des élections présidentielle et législatives à Taïwan et « félicité » dans un communiqué « tous les électeurs ayant participé à cet exercice démocratique », sans mentionner le président élu, Lai Ching-te. « L’UE reste préoccupée par les tensions croissantes dans le détroit de Taïwan et s’oppose à toute tentative unilatérale visant à modifier le statu quo », précise le communiqué du porte-parole du chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell. Un conflit dans le détroit de Taïwan serait désastreux pour l’économie mondiale : l’île fournit 70 % des semi-conducteurs de la planète et plus de 50 % des conteneurs transportés dans le monde transitent par le détroit. Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil. 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